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Comment amener quelqu'un à avouer ou à dire la vérité

Science of People 8 min read
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Des techniques basées sur la science pour amener quelqu'un à avouer ou à divulguer des informations — en utilisant l'empathie, les preuves stratégiques et l'écoute active.

Savez-vous à quel point une personne moyenne est capable de détecter un mensonge ? Environ 54 % — à peine mieux qu’un pile ou face.

Selon la chercheuse Pamela Meyer, on peut vous mentir entre dix et deux cents fois par jour. Les inconnus se mentent environ trois fois au cours des dix premières minutes d’une rencontre. Et la plupart d’entre nous n’en ont aucune idée.

Vous n’avez pas besoin d’un polygraphe pour vous rapprocher de la vérité. Vous avez besoin d’un peu de psychologie comportementale. Voici des techniques fondées sur des preuves que vous pouvez utiliser pour encourager quelqu’un à dire la vérité, à avouer ou à divulguer des informations — que ce quelqu’un soit un collègue, un adolescent, un ami ou un agent immobilier qui semble un peu trop enthousiaste à propos de cet appartement en sous-sol « douillet ».

Une petite note sur le cadrage : Certaines de ces techniques s’appliquent lorsque vous soupçonnez quelqu’un d’avoir mal agi et que vous voulez des aveux. D’autres sont utiles lorsque quelqu’un retient simplement des informations — non pas parce qu’il a fait quelque chose de mal, mais parce qu’il est nerveux, réservé ou qu’il ne sait pas s’il doit vous faire confiance. Utilisez ces conseils pour une recherche positive de la vérité — une vérité difficile vaut mieux qu’une ignorance heureuse. Et à la fin de cet article, vous trouverez une section importante sur l’importance des limites éthiques, car une « vérité » forcée n’est pas du tout la vérité.

En pratique, nous appelons la personne que nous interrogeons ou de qui nous essayons d’obtenir des informations notre sujet — votre enfant, votre conjoint, votre collègue, votre vendeur de voitures.

Une femme en blazer corail se penche attentivement tout en écoutant un homme parler dans un bureau moderne.

Laissez le silence faire le travail

La plus grande erreur que commettent les chercheurs de vérité est de trop parler. Une fois que votre sujet a fini de parler, attendez au moins 3 à 5 secondes avant de dire quoi que ce soit.

Des recherches issues du modèle ORBIT (Observing Rapport-Based Interpersonal Techniques) ont montré que lorsque les enquêteurs combinaient le silence et l’empathie, les sujets étaient cinq fois plus susceptibles de fournir un récit complet. Les menteurs sont particulièrement mal à l’aise avec le silence — ils le comblent souvent par des détails supplémentaires, des corrections ou même des aveux.

Étape d’action : Posez votre question, puis comptez silencieusement jusqu’à cinq avant de reprendre la parole. Résistez à l’envie de reformuler ou de relancer. Laissez le calme faire le travail.

Utilisez le triple hochement de tête

Lorsque quelqu’un finit de parler, hochez la tête trois fois selon un rythme lent et régulier. Cela signale votre intérêt et l’encourage à continuer de parler. Les recherches du Dr Joseph Matarazzo ont révélé que le hochement de tête triplait environ la longueur de la réponse des locuteurs. Une étude de l’Université de Hokkaido a révélé que le hochement de tête augmente la sympathie perçue d’environ 30 %.

Associez le hochement de tête au silence du conseil n° 1 et vous créerez une combinaison puissante qui donne à l’interlocuteur le sentiment d’être écouté — sans que vous ayez à dire un mot.

Une note culturelle : Le hochement de tête est un signe d’accord dans la plupart des cultures occidentales, mais il varie à l’échelle mondiale. En Bulgarie, un mouvement latéral signifie « oui ». En Grèce, un hochement de tête vers le haut peut signifier « non ». Connaissez votre public.

Les menteurs sont particulièrement mal à l’aise avec le silence. Ils le comblent souvent par des détails supplémentaires, des corrections ou même des aveux.

Choisissez un cadre privé

L’intimité réduit la conscience de soi et la pression de la performance sociale. Lorsque les gens ne craignent pas d’être entendus ou jugés, ils sont beaucoup plus susceptibles de s’ouvrir. L’objectif est l’intimité, pas l’intimidation.

Étape d’action : Choisissez une pièce calme où vous n’êtes que tous les deux. Le coin d’un café peut faire l’affaire. Un dîner de groupe, non.

Ne révélez pas ce que vous savez (la technique SUE)

La technique de l’utilisation stratégique des preuves (SUE), développée par les psychologues Pär Anders Granhag et Maria Hartwig, est l’une des approches les plus scientifiquement validées pour obtenir la vérité. (Considérez cela comme un coup d’échecs dans la recherche de la vérité — vous savez déjà où se trouvent les pièces ; vous attendez simplement qu’ils fassent le mauvais mouvement.)

Comment l’utiliser :

  1. Laissez d’abord la personne raconter toute son histoire. Ne l’interrompez pas et ne faites pas allusion à ce que vous savez.
  2. Posez des questions spécifiques liées aux preuves que vous détenez — sans les révéler. (« Qu’as-tu fait entre 15 h et 17 h ? »)
  3. Révélez ensuite les preuves. S’ils ont menti, ils sont pris dans une contradiction.

Les personnes coupables évitent de mentionner tout ce qui les relie aux preuves. Les personnes innocentes partagent librement des informations car elles supposent que la vérité les disculpera. Dans les études, les enquêteurs formés à la SUE ont atteint une précision de détection de la tromperie de 85 %, contre 56 % pour les enquêteurs non formés.

Exemple : Vous soupçonnez votre adolescent d’avoir pris de l’argent dans votre portefeuille et vous avez un reçu montrant que vous aviez 60 $ hier. Laissez-le d’abord vous raconter son après-midi, puis montrez le reçu. Si son histoire ne justifie pas l’argent manquant, la contradiction parle d’elle-même.

Un homme et une femme assis à une table engagés dans une conversation sérieuse avec des gestes de mains ouvertes et jointes.

Les enquêteurs formés à la technique SUE ont atteint une précision d’environ 85 % pour détecter la tromperie — contre seulement 56 % pour les enquêteurs non formés.

Posez des questions ouvertes (puis changez le mode de narration)

Il est facile de mentir à des questions simples par oui ou par non. Posez des questions qui exigent des récits :

  • « Raconte-moi l’histoire de la nuit dernière. »
  • « Explique-moi ce qui s’est passé depuis le début. »

Utilisez ensuite la technique de charge cognitive du psychologue Aldert Vrij : demandez-leur de raconter l’histoire d’une manière différente — à l’envers, ou en commençant par le milieu. Les recherches de Vrij ont montré que le rappel dans l’ordre inverse améliorait la précision de la détection des mensonges d’environ 42 % à environ 60 %. Ceux qui disent la vérité peuvent « rembobiner » un souvenir réel ; les menteurs ont un scénario répété qui s’effondre lorsque l’ordre change.

Mise en garde importante : Le rappel inversé est difficile pour tout le monde. Recherchez des changements par rapport au comportement de base de la personne, et non la perfection.

Écoutez leurs mots, pas seulement leur corps

Observer le langage corporel tout en essayant de détecter des mensonges vous rend en fait moins efficace. Une étude de l’Université de Portsmouth de 2025 a révélé que la précision de la détection des mensonges a presque doublé lorsque les gens se concentraient uniquement sur l’écoute — environ 62 % de précision pour les auditeurs contre 35 % pour les observateurs. Cette croyance populaire selon laquelle les menteurs regardent vers le haut et vers la droite ? Totalement démentie.

Ce qu’il faut écouter à la place :

  • « Honnêtement… » / « Croyez-moi… » — Ceux qui disent la vérité ressentent rarement le besoin d’annoncer leur honnêteté.
  • Moins de déclarations utilisant « je » et « moi » — Les menteurs se distancient inconsciemment du mensonge.
  • Davantage de voix passive — « Le verre s’est cassé » au lieu de « J’ai cassé le verre ».
  • Moins de détails vérifiables — En particulier les noms, lieux et horaires spécifiques.

Pour approfondir la lecture des gens, consultez notre guide sur les indices du langage corporel et notre article sur comment lire les gens.

Étape d’action : La prochaine fois que vous soupçonnez quelqu’un de ne pas être franc avec vous, détournez le regard et contentez-vous d’écouter. Concentrez-vous sur le contenu, pas sur la performance.

Femme aux yeux fermés et main sur le menton écoutant attentivement dans un cadre de bureau collaboratif avec un éclairage chaleureux.

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Jouez au « bon flic » (mais connaissez les limites)

L’empathie l’emporte sur la pression. Le modèle ORBIT a révélé que lorsque les enquêteurs utilisaient l’empathie et respectaient l’autonomie du sujet, les sujets étaient cinq fois plus susceptibles de fournir un récit complet.

Voici comment être le « bon flic » :

  • Soyez rassurant. Faites-leur savoir que ce qu’ils ont fait est compréhensible.
  • Montrez que vous comprenez leur point de vue. Ont-ils subi des pressions ? Avaient-ils peur ?
  • Utilisez le paradoxe de l’autonomie. Dites-leur : « C’est à vous de décider si vous voulez en parler ou non. » De manière contre-intuitive, cela rend les gens plus enclins à coopérer.

Une mise en garde critique : L’Innocence Project rapporte qu’environ 29 % des cas d’exonération par l’ADN impliquaient de faux aveux — et les tactiques de minimisation y contribuent largement. Ces techniques sont destinées aux situations interpersonnelles quotidiennes, et non à faire pression sur des personnes vulnérables dans des situations à enjeux élevés.

Lorsque les enquêteurs utilisaient l’empathie et respectaient l’autonomie du sujet, les sujets étaient cinq fois plus susceptibles de fournir un récit complet.

Utilisez la technique de la « version pire »

Les gens ne peuvent s’empêcher de corriger les informations erronées — surtout à leur sujet. Racontez au sujet une version plus extrême de ce que vous pensez s’être passé et voyez s’il vous corrige.

Cette technique remonte à l’interrogateur de la Seconde Guerre mondiale Hanns Scharff, qui a extrait des renseignements de plus de 500 pilotes alliés en présentant des récits légèrement erronés et en laissant les prisonniers corriger les inexactitudes. Ils avaient l’impression de gagner une dispute, pas de livrer des secrets.

La version quotidienne : si vous pensez que votre adolescent a pris 20 $ dans votre portefeuille, demandez-lui s’il a pris 20 $ et votre carte de crédit. Il vous corrigera souvent et avouera l’infraction mineure. Corriger donne l’impression de se défendre, pas d’avouer.

Établissez un véritable rapport (pourquoi la connexion l’emporte sur la détection)

Dans l’étude de Paul Ekman et Maureen O’Sullivan de 1991 testant 509 personnes de diverses professions, les agents du Secret Service américain étaient le seul groupe à obtenir des résultats significativement meilleurs que le hasard pour détecter les mensonges (~64 % de précision). Les juges, les policiers et les psychiatres tournaient tous autour de 53–56 %.

Les personnes qui instaurent une véritable confiance — enseignants, thérapeutes, travailleurs sociaux — ont tendance à obtenir des informations plus véridiques. Non pas parce qu’elles « détectent » mieux les mensonges, mais parce que les gens s’ouvrent volontairement à elles. Le rapport est la clé maîtresse. (Il s’avère qu’être un être humain décent est un avantage concurrentiel.) Vous voulez construire le vôtre ? Notre guide sur l’établissement d’un rapport est là pour vous aider.

Un mot de mise en garde : les faux aveux existent bel et bien

L’Innocence Project rapporte qu’environ 29 % des cas d’exonération par l’ADN impliquaient de faux aveux. Le psychologue Saul Kassin en identifie trois types : volontaires (aucune pression), complaisants (pour échapper au stress) et intériorisés (où la personne finit par croire qu’elle l’a fait).

L’ironie la plus cruelle ? Les personnes innocentes peuvent être plus susceptibles de renoncer à leurs droits parce qu’elles sont convaincues que leur innocence les protégera. Comme le dit Kassin : « L’innocence met les innocents en danger. »

Utilisez ces techniques de manière responsable — pour la recherche de la vérité au quotidien, pas pour briser quelqu’un.

Une femme et un homme ayant une conversation chaleureuse et honnête autour d'un café, faisant preuve d'écoute active et de confiance.

Comment amener quelqu’un à avouer : points clés à retenir

Voici votre cadre en cinq étapes pour vous rapprocher de la vérité :

  1. Créez un cadre privé et confortable. L’intimité réduit la défensive. L’intimité — et non l’intimidation — ouvre les gens.
  2. Laissez-les parler. Utilisez le silence, le triple hochement de tête et les questions ouvertes pour les inciter à continuer.
  3. Écoutez leurs mots plus que leur corps. Les indices verbaux sont bien plus fiables que les « tics » du langage corporel.
  4. Utilisez stratégiquement ce que vous savez. La technique SUE est l’un des outils les plus puissants disponibles.
  5. Privilégiez l’empathie, pas la pression. Les approches fondées sur le rapport produisent cinq fois plus d’informations que les approches accusatrices.

La meilleure façon d’amener quelqu’un à dire la vérité ? Dites la vérité vous-même. Si vous partez d’un sentiment d’honnêteté, vous avez beaucoup plus de chances d’en recevoir en retour.

La meilleure façon d’amener quelqu’un à dire la vérité ? Dites la vérité vous-même.

Foire aux questions

Quels sont les 5 C de l’aveu ?

Le cadre des 5 C décrit les éléments d’un aveu significatif : Conviction (reconnaître le tort), Confession (l’énoncer explicitement), Contrition (regret sincère), Compensation (réparer les torts) et Correction (résolution de changer de comportement à l’avenir). Un aveu qui réunit ces cinq éléments a tendance à paraître plus authentique et à mener à une meilleure résolution. (Non, ce n’est pas une commande de café — bien qu’une bonne conversation autour d’un café ne fasse pas de mal.)

Quelles phrases les menteurs utilisent-ils couramment ?

Les indices de tromperie verbale pointent vers plusieurs signaux d’alarme : des expressions comme « Honnêtement… » ou « Croyez-moi… » (ceux qui disent la vérité ressentent rarement le besoin d’annoncer leur honnêteté), moins de pronoms à la première personne comme « je » ou « moi » (les menteurs se distancient inconsciemment du mensonge), davantage de constructions à la voix passive (« des erreurs ont été commises » est un classique), et un manque notable de détails spécifiques et vérifiables comme les noms, les lieux et les horaires.

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