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Comment rédiger du contenu captivant pour vous-même et votre public

Science of People 12 min
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Maîtrisez l'art de rédiger du contenu captivant en 6 étapes pour captiver votre audience et nourrir votre passion.

Dans cet épisode de notre série, The World’s Most Interesting People, je me suis entretenue avec Eric Barker. Eric est le créateur de l’incroyable blog « Barking Up The Wrong Tree » et l’auteur à succès d’un livre du même titre, Barking Up the Wrong Tree: The Surprising Science Behind Why Everything You Know About Success Is (Mostly) Wrong.

Eric a discuté avec moi de son travail fascinant et de la manière de rédiger du contenu captivant pour vous-même et pour votre public.

Rencontre avec Eric Barker

Eric Barker apporte des réponses fondées sur la science et des avis d’experts sur la façon d’exceller dans la vie. Il a été cité dans The New York Times, The Wall Street Journal, The Atlantic Monthly et The Financial Times, pour n’en citer que quelques-uns.

Vous avez ce blog basé sur la science qui aide les gens à s’épanouir. Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de lancer « Barking Up The Wrong Tree » ?

Eric a commencé son blog alors qu’il se trouvait à la croisée des chemins dans sa vie. À l’époque, il travaillait à Hollywood depuis plus de dix ans et ne savait pas trop ce qu’il voulait faire ensuite. Et comme beaucoup de gens dans cette situation, il s’est tourné vers Internet pour trouver de l’aide.

Il a commencé à lire des articles et a constaté qu’il n’aimait pas les réponses qu’il trouvait sur la plupart des sujets. Il a donc décidé de mener les recherches lui-même.

Ce fut le début de son immersion profonde et de son pivot de carrière dans le monde de la recherche scientifique.

Aviez-vous la moindre idée que le blog connaîtrait un tel succès ?

Eric a expliqué qu’il n’avait absolument aucune idée que le blog décollerait et qu’avoir un lectorat immense n’était même pas son objectif principal. Il aimait faire des recherches, il aimait lire, et il s’est dit qu’il pourrait tout aussi bien partager ce qu’il avait appris dans un espace public.

Il a comparé cette approche aux gaz d’échappement d’une voiture. L’échappement est la preuve visible que la voiture roule. Ses articles de blog étaient la preuve ou le sous-produit de ses recherches.

Et même si Eric ne cherchait pas forcément à lancer un mouvement, « Barking Up The Wrong Tree » a bénéficié d’un soutien immense, d’une base de fans énorme et d’un contrat d’édition.

La recherche derrière le chercheur

J’ai demandé à Eric : « Vous lisez des tonnes d’études universitaires. Y a-t-il une étude qui vous a complètement bluffé ? »

Eric m’a confié qu’il est fasciné par deux types de recherche en particulier : celle qui valide complètement un mode de vie et celle qui le contredit totalement. Ce type de recherche permet à Eric d’approfondir des croyances établies avec de nouveaux conseils, tout en partageant les idées fausses courantes sur notre façon de vivre.

Eric a parlé du travail de Paul Bloom, auteur de Against Empathy: The Case for Rational Compassion. Dans ce livre, Bloom privilégie la compassion par rapport à l’empathie. Alors que l’empathie consiste à ressentir ce que l’autre ressent, la compassion est un désir émotionnel d’aider quelqu’un. Bloom soutient (et Eric est d’accord) que la compassion est souvent plus utile et plus concrète que l’empathie.

Eric défend ce genre de recherche — celle qui apporte des distinctions subtiles et celle qui remet en question les croyances communes. Dans cet exemple, il s’agit d’une nouvelle façon de penser, passant de « Je dois ressentir exactement ce que tu ressens » à « Je suis vraiment désolé, que puis-je faire pour t’aider ? »

Action concrète : Renversez l’empathie. Si vous êtes avec quelqu’un qui a besoin de vous, privilégiez la compassion plutôt que l’empathie.

Êtes-vous déjà tombé sur une étude en vous disant : « Je ne peux pas publier ça » ?

Oui, Eric a vu passer son lot d’études bizarres. Mais il a révélé que le plus gros problème n’est pas de savoir si une étude est digne de son blog, c’est que les lecteurs ne peuvent souvent pas supporter la vérité.

Il a expliqué ce concept de biais cognitif. Un biais cognitif survient lorsqu’une personne ne croit pas être susceptible d’adopter un certain comportement. Par exemple, elle peut dire : « Oh, je connais tout à fait quelqu’un comme ça, mais ce n’est pas moi. » Ou encore : « Mon oncle fait ça, mais pas moi. »

Ce « jeu du blâme » est à la racine du biais cognitif et limite la capacité des gens à changer parce qu’ils ne croient pas avoir besoin d’aide. Je vois cela tout le temps dans les candidatures à notre cours, People School. Un candidat dira : « Eh bien, je n’ai pas besoin de compétences relationnelles — je suis ce cours pour toutes les autres personnes de ma vie qui ont besoin d’aide. »

Eric nous a rappelé qu’un biais cognitif est en fait une réaction naturelle. Nous aimons croire que nous maîtrisons la situation alors qu’en réalité, nous luttons probablement tout autant que notre collègue ou notre ami. Eric rédige du contenu pour combler le fossé entre une grande idée et l’individu.

Action concrète : Si vous avez quelqu’un dans votre vie personnelle ou professionnelle qui pense que le problème vient toujours des autres, ou qu’il est la personne « parfaite », mettez ses connaissances à l’épreuve. S’il prétend être un expert en langage corporel, envoyez-lui notre Quiz sur le langage corporel. S’il prétend être un expert en relations humaines, envoyez-lui notre Quiz sur les compétences relationnelles. L’un des meilleurs antidotes au biais cognitif extrême est un quiz noté. S’ils échouent, ils ne peuvent pas vraiment contester les résultats et, parfois, cela les amène à être plus ouverts au changement de comportement.

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Ce que vous savez versus qui vous connaissez

J’adore votre livre, « Barking Up The Wrong Tree ». Le chapitre 4 s’intitule « Ce n’est pas ce que vous savez, c’est qui vous connaissez, à moins que ce ne soit vraiment ce que vous savez ». Pouvez-vous approfondir cette idée ?

Eric a expliqué que cette idée est un examen plus approfondi des compétences par rapport au réseautage. Les compétences sont importantes et le réseautage est important, mais selon le contexte, l’un prévaudra sur l’autre.

Cette idée s’articule autour de mesures claires. Nous voyons des mesures partout autour de nous, comme le film qui a fait le plus d’entrées au box-office, ou l’artiste en tête du Billboard, ou même combien d’argent gagne un joueur de la NBA ou de la Major League Baseball. Lorsqu’il y a de la transparence dans les mesures, il y a généralement une attente de compétence associée. Par exemple, nous attendons de l’artiste en tête du Billboard qu’il soit un interprète exceptionnel, ou nous attendons de LeBron James qu’il soit un joueur de basket incroyable. Tout cela parce qu’une mesure a informé notre attente de grandeur.

Mais la transparence n’existe pas partout, a averti Eric. Dans la plupart des lieux de travail, vous ne connaissez pas le salaire de votre collègue ni celui de votre patron. Dans ces cas-là, les compétences (ou ce que vous savez) passent au second plan par rapport au réseautage (ou qui vous connaissez).

Prenons un exemple. Si vous savez que quelqu’un est le programmeur n°1 chez Google, vous vous attendez à ce qu’il possède certaines des meilleures compétences en programmation au monde. Parce que cette personne est classée si haut, on accorde plus d’importance à ses compétences qu’à son réseau. À l’inverse, si vous connaissez un type dans le marketing, vous aurez tendance à accorder plus d’importance à son réseau, par exemple s’il a ses entrées auprès du PDG, plutôt qu’à ses compétences.

En résumé : plus les mesures sont claires et transparentes, plus l’accent est mis sur les compétences. Plus les mesures sont floues, plus l’accent est mis sur le réseau.

Eric a recommandé qu’en tant que professionnels, il est important de nous évaluer dans ces deux camps. Posez-vous la question :

  • « Suis-je meilleur pour réseauter ou pour atteindre des objectifs ? »
  • « Qui suis-je au sein de cette organisation ? Qu’est-ce que j’apporte ? »
  • « Quelles sont mes compétences ? Quelles sont mes faiblesses ? »
  • « Qui est-ce que je connais au sein de cette communauté ? »

Ensuite, analysez votre environnement professionnel pour voir si vos objectifs s’alignent sur l’organisation et les personnes qui vous entourent. Bien sûr, le réseautage est précieux, mais si vous êtes dans un domaine où tout le monde sait que vous êtes le meilleur, QUI vous connaissez est moins important que CE QUE vous savez. Et si vous n’êtes pas classé dans votre organisation, vos compétences risquent de ne pas briller autant que vos relations au sein de votre secteur.

Si les gens sont évalués de manière claire, le réseautage a tendance à moins compter. Et s’il n’y a pas de mesures claires, alors le réseautage a tendance à compter davantage.

Eric Barker

Action concrète : Où pouvez-vous vous classer ? Pouvez-vous rejoindre un groupe Toastmasters qui vous classe numéro un ? Y a-t-il un concours que vous pouvez essayer de gagner, comme un Startup Weekend ? Qu’en est-il d’une liste prestigieuse, comme le Forbes 30 Under 30 ? Lorsque vous ajoutez une mesure ou un rang à ce que vous faites, cela peut aider à soulager la pression du réseautage, car votre travail parlera de lui-même.

Vous écrivez sur les gens. Vous étudiez les gens. Une phrase de votre livre dit : « Ma mère m’a dit d’être sociable. En toute franchise : je ne le suis pas. Allez, je suis ici tout seul à écrire ce livre. » Qu’est-ce qui vous pousse à étudier les gens ?

Les gens n’ont absolument aucun sens pour moi.

Eric Barker

Eric a expliqué qu’il porte haut le drapeau des introvertis. Les compétences relationnelles ne lui sont pas venues naturellement, il a donc passé une grande partie de sa vie à essayer de comprendre les choses précises qui le déconcertent chez les gens. Contrairement aux mathématiques ou à l’apprentissage d’un instrument comme la guitare, il n’y a pas de système formel ou de règles clairement délimitées pour interagir avec les gens.

C’est précisément cet inconnu qui l’intéresse chez l’être humain.

Si vous deviez vous faire tatouer « Introverti », où le feriez-vous ?

Eric a plaisanté en disant qu’il se le ferait tatouer sur le front puisque personne ne le verrait de toute façon, car il préfère la solitude.

Blague à part, il a dit qu’il le ferait sur l’intérieur de son avant-bras, face à lui, pour pouvoir le lire.

Comment rédiger du contenu que vous et votre public adorez

Comment effectuez-vous vos recherches ?

Eric aime faire les choses à l’ancienne. Chaque jour, il lit des articles de ses flux RSS. Il lit aussi beaucoup de livres, ce qui l’amène souvent à explorer davantage un sujet spécifique.

Ce qui est le plus intéressant, c’est qu’Eric a développé un instinct viscéral au fil de ses recherches. Parce qu’il a consommé énormément de contenu provenant de canaux très différents, il est capable de discerner facilement si ce qu’il lit est solide ou totalement trompeur. Lorsqu’il lit un article qui contredit complètement tout ce qu’il a lu ou vu sur un sujet, c’est un signal d’alarme. Ou dans certains cas (peu probables), cela peut être la nouvelle norme.

En tant qu’introverti, cette addiction à la lecture, à la recherche et à l’écriture honore sa personnalité et l’aide à apprendre sur les gens sans avoir à être entouré d’eux tout le temps.

Action concrète : Soyez un consommateur avide ! Si vous voulez devenir bon dans un domaine ou apprendre quelque chose, considérez votre marque personnelle comme un entonnoir. Plus vous ajoutez d’informations au sommet, plus vous serez en mesure de filtrer ces informations pour en faire quelque chose de significatif. Rassemblez des métadonnées en explorant des sujets qui vous intéressent, directement et indirectement. Lisez un livre sur votre sujet et lisez aussi un autre livre du même auteur sur un sujet totalement différent. Cette consommation créera un réseau, où vous commencerez à relier les points et à affiner votre « instinct » de chercheur.

Si vous deviez donner une conférence TED sur une seule grande idée, quelle serait-elle ?

Eric a quelques idées possibles. L’une de ses trois préférées porte sur l’auto-compassion. Beaucoup d’entre nous ont une voix critique à l’intérieur — une voix perfectionniste, dégradante ou déçue. Eric veut encourager les gens à s’accepter et à se comprendre pour mieux se soutenir.

L’auto-compassion trouve son origine dans le bouddhisme et Eric apprécie également le travail du Dr Kristin Neff, co-auteure de The Mindful Self-Compassion Workbook.

Action concrète : Quelle est votre conférence TED ? Comment pouvez-vous défendre et partager votre idée ?

Le nombre d’abonnés à votre blog a dépassé les 330 000. En voyant votre entreprise et votre blog grandir, y a-t-il eu un point de bascule, comme un article syndiqué particulier ou un tweet devenu viral ? Ou était-ce une croissance entièrement organique ?

Étonnamment, Eric n’a pas eu un seul grand moment dans son entreprise qui a tout changé. Sa progression a été régulière, et son engagement principal envers sa marque depuis le premier jour a été le contenu, le contenu, le contenu.

Avec tout le contenu « prêt-à-consommer » qui circule et les articles du type « Une façon d’être heureux », Eric a décidé de prendre la direction opposée. Il a choisi de créer du contenu de blog de longue haleine, très documenté, incluant des résultats de données, des statistiques et les noms des chercheurs, ainsi que les études correspondantes.

Eric a travaillé avec diligence pour s’assurer que son contenu soit facile à partager. Il conçoit chaque élément de contenu comme une ressource. Un endroit où un lecteur peut apprendre un sujet en profondeur et le partager avec les personnes qui lui sont chères. Son objectif est de donner à ses lecteurs un contenu qui sert de guide et qui inclut de nombreux détails étayant la grande idée.

Cela reste accessible, lisible et amusant.

Eric Barker

De plus, Eric a trouvé l’intersection entre ce qui l’intéresse et ce qui intéresse ses lecteurs. Pour les rédacteurs et les créateurs de contenu, c’est là que la magie opère. Si vous n’écrivez que sur ce que vous voulez, il est possible que seules une ou deux personnes lisent votre article. Et si vous n’écrivez que sur ce que vos lecteurs veulent, vous n’êtes pas fidèle à votre mission. Que se passe-t-il entre ces deux extrêmes ? Où se trouve le chevauchement ?

Eric nous a rappelé qu’en tant qu’écrivains et créateurs, nous devons parfois avoir la peau dure. Tout le monde ne va pas aimer ce que vous publiez, et c’est normal. Parce que beaucoup d’autres personnes aimeront. Eric passe constamment au crible les opinions de ses lecteurs. Certains se plaignent que ses articles de blog sont trop longs, tandis que d’autres disent qu’ils ne le sont pas assez. Il est impossible de plaire à tout le monde, mais il est possible de rester concentré sur sa mission et son public cible avec le bon contenu.

Il faut être à l’aise avec le fait de tracer une ligne : « Ce n’est pas ce que je fais. »

Eric Barker

Action concrète : Sachez qui vous êtes et sachez ce que vous voulez. Trouvez votre communauté de base en vous concentrant sur un contenu qui rassemble ce qui vous intéresse et ce qui les intéresse. Vous devriez toujours être fier du contenu que vous créez et diffusez dans le monde. Qu’on soit d’accord ou non avec lui, on peut voir objectivement que vous y avez consacré beaucoup de temps et d’efforts.

Si vous rencontriez quelqu’un au tout début de sa carrière, ou à un moment charnière, et que vous deviez lui donner un conseil sur les gens, que lui diriez-vous ?

Le plus grand conseil d’Eric est d’acquérir des compétences en écoute active.

La plupart des gens sont de terribles, terribles auditeurs.

Eric Barker

L’écoute active ne vient pas naturellement à la plupart d’entre nous. C’est une compétence qui s’apprend et qui doit être exercée par une pratique continue. Eric a recommandé ce qui suit :

  • Posez des questions ouvertes.
  • Fournissez un résumé de ce que la personne vient de dire.
  • Abordez chaque conversation avec l’objectif de montrer à l’autre personne qu’elle est écoutée et comprise.

Ce point m’a particulièrement touchée car je me retrouve parfois prise au piège de poser nos amorces de conversation géniales sans accorder la même attention à l’écoute. J’adore poser des questions intéressantes, mais si je passe à côté de la réponse incroyable, mon intention pour la conversation était plus égoïste que de vouloir sincèrement mieux connaître quelqu’un.

Action concrète : Posez de bonnes questions, utilisez l’écoute active et résumez leurs points pour montrer que vous les comprenez.


Suivez le parcours d’Eric :

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